Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content dans l’état où je me trouve.
Philippiens 4.11
Chers frères et sœurs,
Novembre dépouille les arbres. Les jours raccourcissent, la lumière se fait rare, et beaucoup d’entre nous entrent dans l’hiver avec des attentes qui n’en finissent pas : un travail, un foyer, une guérison ou autre chose.
On voudrait même mettre sa vie entre parenthèses, la traverser comme un couloir dont on a hâte de sortir, comme si la « vraie » vie ne commençait qu’au bout. Mais nous sommes l’argile, et Dieu est le potier. Sous ses mains, il n’y a pas de temps inutile ; l’attente, elle aussi, est un ouvrage.
L’apôtre Paul le savait, lui qui écrivait ces mots depuis une prison de Rome, sans savoir comment son procès s’achèverait : par la liberté ou par le glaive ? Il n’était pas indifférent comme un sage impassible : plus tard, du fond d’une autre cellule étroite, il pressera Timothée de le rejoindre avant l’hiver. Il désirait, il souffrait, il attendait.
Mais il avait trouvé ce que les chaînes ne pouvaient lui ôter. Son contentement ne tenait pas à ce qu’il possédait, mais à Celui qui le possédait : en Christ, il pouvait tout traverser.

D’où vient une telle confiance ?
Du Calvaire. Justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu ; pour nous qui ne méritions que sa colère, il a livré son propre Fils. Celui qui ne l’a pas épargné, comment nous refuserait-il le moindre bien véritable ?
L’Avent qui approche vient nous rappeler ce qui définit toute notre existence :
Celui qui est venu à Bethléem reviendra, et nous attendons des cieux notre Sauveur. D’ici là, rien n’est perdu : l’affliction produit la persévérance, et la persévérance mûrit en espérance.
Au cœur de nos hivers comme dans nos attentes silencieuses, cette espérance-là ne trompe point, car l’amour de Dieu a déjà été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit.